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EXCLUSIF / EPURATION DES EAUX
Une affaire « empoisonnante »
02/08/2010 -  le pavé
De décembre 2007 à avril 2008, la station d’épuration de la zone industrielle Nord de Chalon a connu un important dysfonctionnement. Les polluants récupérés et traités en temps normal ont été rejetés dans la Saône.



A l’image des centrales nucléaires - toutes proportions gardées - le fonctionnement des stations d’épuration est d'autant plus efficace qu'il est régulier et continu. Lorsqu’un pic ou un creux intervient, la machine peut s’emballer. C’est précisément ce qui est arrivé à la station d’épuration de la zone industrielle Nord de Chalon au mois de décembre 2007.
Au moment des fêtes, la fermeture de l’entreprise Mesta Bourgogne - l’un des plus gros « fournisseur » de la station - a entraîné une chute brutale de l’alimentation en eaux usées. L’installation s’est immédiatement emballée avec pour conséquence une pollution importante de la Saône.
La crise a duré cinq mois. Au plus grave de la situation, au mois de février 2008, 70% des polluants contenus dans les eaux usées ont été rejetés dans la rivière.
 
Une station privée
 
Inaugurée en 1980, la station d’épuration est une installation collective. Construite par l’AUZIN (Association des Utilisateurs de la Zone Industrielle Nord), elle traite les eaux usées des 189 entreprises qui composent l’association.
Son fonctionnement est des plus classiques. Les eaux usées sont acheminées vers le site grâce à des canalisations. Elles subissent alors – pour l’essentiel – un traitement bactériologique. Les divers polluants sont « mangés » par des bactéries. Ce processus achevé, il ne reste plus qu’à récupérer les « bactéries polluées » par simple décantation.
Les eaux épurées sont rejetées dans la Saône ; les « bactéries polluées » – on parle de boues – sont quant à elles mises en décharge. Elles peuvent également être incinérées voire valorisées.
 
Des bactéries capricieuses
 
En temps normal, les bactéries sont très efficaces. Mais elles peuvent se montrer capricieuses si la quantité de polluants acheminée vers la station diminue brusquement. Avec une conséquence néfaste : la décantation est beaucoup moins efficace.
Dès lors, la séparation des « bactéries polluées » et des eaux épurées ne se fait plus correctement et les eaux rejetées dans le milieu naturel contiennent une forte charge de bactéries. De polluants, donc. C’est précisément ce qui serait arrivé au mois de décembre à Crissey où la station est basée.
 
Le problème serait résolu
 
Un dysfonctionnement qui pourrait se répéter. Si Kodak – qui a longtemps été le plus gros « fournisseur » de la station en eaux usées – fonctionnait en continu, tel n'est plus le cas avec la société Mesta Bourgogne qui remplace aujourd'hui le géant américain.
Pour pallier ce mode de fonctionnement par à-coups, une solution technique aurait été trouvée selon la SAUR (Société d’Aménagement Urbain et Rural) qui exploite la station d'épuration. Une solution qui a fait défaut au mois de décembre 2007.
Le problème serait donc aujourd’hui réglé. Reste une question : Pourquoi le grand public n’a-t-il pas été averti de cette pollution et des éventuelles conséquences pour la santé des pêcheurs par exemple ?
Daniel MACHADO.
 
Cet article a été publié, dans une première version, dans les colonnes de L'indépendant du Louhannais et du Jura (édition du 25 octobre 2008) et sur le site www.vivre-a-chalon.com
Le processus de traitement des eaux usées est ...
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Les commentaires
Mickaél
02/08/2010 14h24

Voilà des années que ce problème est à la fois épineux et dur ! 

Il faut souligner l'important travail effectué par Mrs Grosjean, Dériot et Hivernat et de leurs associations pour que ce dossier comme celui des P.C.B en Saône soit soulevé publiquement.

Merci à vous aussi M.Machado pour cet excellent article que je n'avais eu le temps de lire.

Qu'il me soit enfin aussi permi de regretter à titre personnel la faible influence du tissu associatif environnemental .

VERROT Armand
06/08/2010 15h09

Je ne doute pas du travail des associations de protection de la nature, que je tiens à différencier des écologistes ( dont certains ne font que de la Politique en passant) mais aussi des pécheurs.

Effectivement Mickaél, hommage aussi à ces personnages de notre région, ils le méritent quand même et reconnaissons que leurs mérites justement n'est souvent pas récompensés. Dommage que notre grand député maire n'ait pas voulu d'eux au conseil municipal. Cela changerait un peu du ronron de ces séances, mais si ma famille politique est intelligente en 2014,  elle saura faire appel au moins à l'une de ces trois personnalités pour siéger au conseil municipal.

JACQUELINET Michel
09/08/2010 16h58

"Le pâvé chalonnais" évoque les problèmes d'environnement. Pour ma part, je m'étonne de la fermeture de la maison de l'environnement par l'actuelle municipalité. Une décision qui n'honore pas la majorité socialo-communiste de notre ville et je trouve que les écologistes ont été bien silençieux sur cette fermeture malgré tout !

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